dimanche, mars 24, 2019
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Portabilité en Côte d’Ivoire…il y a un problème !

Effective depuis le 03 septembre 2018, l’opération de portabilité des numéros téléphone avait été présentée comme une révolution qui allait changer le visage des services de téléphonie en Côte d’Ivoire. Qu’en est-il réellement aujourd’hui ? La rédaction de babiphone revient du quotidien des Ivoiriens avec des nouvelles.

La portabilité ! Il est clair que la notion n’avait pas été bien comprise par la grande majorité des consommateurs de services de téléphonie mobile en CI. La faute n’incombe surement pas au jeune intellectuel en quête d’emploi du coin de la rue. Il s’était probablement efforcé de résumer l’affaire avant de répondre aux questions incessantes, mais il a juste dit : «Ça veut dire que tu peux garder ton numéro et changer de réseau, si ça te chante… ». Et pour tout dire, il a raison, c’est cela la portabilité…en une phrase.

Beh !! Ce qui se passe, c’est que ça suscite un certain étonnement. Alors babiphone a vu qu’il y a un problème. Regardons d’un peu plus près.

Problèmes de communication

La portabilité est une avancée technologique certes, mais les Ivoiriens n’y ont pas été véritablement préparés. N’eut été la présence de quelques affiches de 12 m² dans la cité d’Abidjan, Yakro et Bouaké, et un passage télévisé, on aurait presque dit que c’était une surprise. La téléphonie mobile est un des produits de consommation dont le taux de pénétration qui est de 135,65 %, est le plus élevé de toute l’histoire du pays. L’ARTCI pensait-elle vraiment qu’une telle communication aurait suffi ? Où avait-elle encore compté sur les opérateurs ? Si oui, alors il y a un problème !

 

Les habitudes de consommation

Un autre constat que nous avons fait, c’est que le projet de portabilité n’avait pas pris en compte un facteur très…très important dans le quotidien des ivoiriens. Peut-être ce fait a été un peu résorbé, mais ces bonnes vieilles habitudes existent toujours. Il s’agit de l’habitude de préférer les appels intra-réseau (on net) aux extra-réseaux (off net). En fait nombreux sont encore les consommateurs qui ont une puce de chacun des trois grands réseaux, et qui ainsi bénéficient des tarifs préférentiel en utilisant la bonne carte sim pour appeler le correspondant. Par exemple, ma tantie qui a des numéros de téléphone de chez Orange, MTN et Moov, et qui appelle ses sœurs en fonction de l’indicatif. Facile, dira-t-on, mais il faut reconnaître qu’ici réside un véritable problème. L’ARTCI n’a pas maîtrisé les tarifs inter réseaux, du coup, je change de réseaux, je condamne mes correspondants à payer plus cher pour me joindre.

Vous avez dit concurrence !!

Un des facteurs les plus importants qui sous-tendent le projet de portabilité, c’est le fait d’exacerber la concurrence et ainsi relever le niveau de la qualité de service. Mais il y a ici aussi un problème. Nombre de personnes s’accordent à dire que la qualité de service des réseaux de téléphonie en côte d’ivoire tend à régresser. Aujourd’hui des zones entières en plein cœur de le capitale économique reste sans couverture, ce qui nous le savons, était de l’ordre des acquis il y a quelques années.
L’opérateur leader Orange CI a engagé des travaux d’amélioration sur son réseau qui ne finissent pas depuis bientôt sept (07) mois. Et comme par consensus, la concurrence profite pour « se reposer un peu ». Presque, pas, d’activités, c’est le statut Quo, et pis encore, ils ont également des soucis de couvertures à répétition.
Une petite enquête dans quelques agences des communes de Cocody, de Marcory, de Yopougon, montre clairement que l’on ne se bouscule pas pour changer de réseau et beaucoup attendent patiemment que leur cher réseau se remette de son mal-être. Ceci pour montrer combien les utilisateurs s’identifient à leur opérateur. Cela est probablement dû à la manière de communiquer sur leurs marques… Nous y reviendrons bientôt.

Finalement, il y a un problème. Avant de passer véritablement à la loupe la procédure de changement de numéro, nous pouvons l’affirmer sans risquer de nous tromper : l’affaire n’a pas été suivie, et l’ARTCI, maître d’ouvrage de ce vaste projet gagnerait à rectifier rapidement le tir, prendre en compte ces paramètres très importants que nous avons abordés. Il y en a encore plusieurs, que nous aborderons au fil de ce dossier sur la portabilité, mais il demeure vital de les prendre en compte, au risque de voir échouer un projet des plus prometteurs dans l’environnement technologique ivoirien.

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