lundi, novembre 19, 2018
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Pourquoi Internet est-il si cher en Afrique!

Grande question que de savoir le motif pour lequel l’accès à internet est si cher en Afrique et plus particulièrement en Afrique de l’Ouest. En tout cas la question a très souvent été posée sans qu’une réponse formelle y soit apportée. Pour notre part nous allons surtout aborder un des aspect qui rend l’accès à internet si coûteux.

Tout est une affaire de câbles…

L’Afrique d’une manière générale, surtout l’Afrique de l’ouest est reliée principalement à l’Europe par des câbles sous-marins (que je me plais bien à traiter de monstrueux à cause de la capacité et du trafic qu’autorisent c’est câbles – les spécialistes en Télécoms vous dirons-). En Afrique de l’ouest nous avons le câble SAT3, ACE et WACS, alors qu’en Afrique de l’Est, il s’agit de SEACOM, et de EASSy. Ces câbles constituent le principal moyen utilisé par les opérateurs et fournisseur d’accès Internet pour acheminer tous le trafic.

Et si jusque là cela n’apparaissait pas de manière évidente pour l’utilisateur lambda, sachez que l’utilisation des câbles sous-marins à un coût. Il s’agira plus ici de notion de location d’accès. Et croyez moi, ce coût il n’est pas du tout dérisoire. En plus du surcoût appliqué par les opérateurs très souvent bien élevé, l'”importation” de contenus coûte excessivement chère. Mine de rien, les câbles sous-marins représentaient 99% des trafics de données dans le monde en 2013. Ceci pour traduire combien consommer internet ici revient en permanence à importer des données.

Pour exemple, Arobase Telecom et un consortium de 19 autres opérateurs de la sous région payaient la bagatelle de 650 Millions de dollar US soit approximativement 357.500.000.000 de FCFA pour une capacité théorique environ de 5 Tbps. Fin de 2011 Cote d’Ivoire Telecom et 18 autres opérateurs payaient 700 Millions de dollar US pour la même capacité.

La création et l’hébergement de contenu en local, le seul contre-poids pour équilibrer la balance

Pour les plus sceptiques d’entre nous, il y a de quoi être un peu dégoûtés et dépités devant cette avalanche de milliards juste pour avoir accès à l’information.

Mais l’espoir n’est pas perdu, car un moyen plutôt audacieux existe pour équilibrer voir inverser la balance pour les plus optimistes. Cet espoir réside dans la capacité de nos Etats, à travers les régulateurs télécoms, et les opérateurs, à investir dans les infrastructures télécoms sures, des data centers capables d’héberger le contenu produit sur place, pour les besoins locaux et internationaux. Un des effets les plus immédiats serait tout de suite de maîtriser les prix des FAI dans ce cas, de créer du trafic vers l’Afrique, et donc de rentabiliser l'”autre sens” du trafic des câbles sous marins.

L’Afrique gagnerait à chercher à exporter aussi de la données, c’est l’or de demain, l’or numérique.

Les créateurs de contenus, se lèvent peu à peu de tous les horizons, de tous les pays. L’Afrique compte aujourd’hui environ 4 fois plus d’entreprises dans le domaine numérique, 4 fois de blogueurs qu’il y a 5 ans. Mais malheureusement, tout ce potentiel dépose son contenu en Europe ou en Amérique, les sites internet des gouvernements sont hébergés en Europe, juste pour donner ce exemple.

Pour l’heure, nous lançons un appel plus que pressant aux différents groupement de consommateurs pour un militantisme formelle en vue de parvenir à accéder à internet sans s’appauvrir.

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