mardi, décembre 11, 2018
Home > ACTUS > Identifications des abonnés aux services de téléphonie mobile: il y a problème!

Identifications des abonnés aux services de téléphonie mobile: il y a problème!

Depuis le 12 Septembre, le cahier des charges des opérateurs de téléphonie en RCI se voient enrichis d’une nouvelle mission et non des moindres, la ré identification des abonnés aux services de téléphonie mobile. Il s’agit en fait de la seconde phase de l’opération qui implique en plus des informations identitaires habituelles, le recueil des informations telles que les empreintes digitales, ou la photographie à jour du client.
Jusqu’ici tout va bien, c’est une opération tout à fait louable de prime abord. Et sans vouloir verser dans des considérations plus pointues de la notion de protection des données personnelles, la grande majorité des utilisateurs y adhère bien.


Par contre là où les choses deviennent difficiles et quelques empreintes de contraintes, c’est bien la liste des pièces recevables dans le cadre de cette opération. En fait le communiqué du gouvernement fait état des pièces suivantes:
Pour les nationaux:
-La carte nationale d’identité
-Le permis de conduire national biométrique
-Le passeport biométrique
Toutes pièces d’identité biométriques établie par l’Office National d’Identification (ONI).

Pour les non nationaux:
-Le passeport biométrique
-La carte nationale d’identité biométrique établie par un Etat membre de la CEDEAO
-Toutes pièces d’identité biométriques établie par l’Office National d’Identification (ONI).

Mais l’inquiétude ici c’est que nous sommes bientôt à un mois après le lancement de la nouvelle phase d’identification, et sauf erreur de notre part, l’ONI n’a encore distribué aucune pièce biométrique pour les non nationaux. De plus quand nous savons qu’une demande de carte d’identité, jusqu’ici peu mettre jusqu’à trois mois, six pour d’autres, l’inquiétude commence à naître parce que l’on est pas censé être utilisateur des services mobiles pendant ce temps là.


Le communiqué du DG de l’ARTCI, M. DIEMELEOU, lui faisait mention de la possibilité d’établir sur place des actes spécialement prévues à cet effet sur place, chez les opérateurs. Cette opération, si elle est possible, n’a pas encore démarrée; et ce n’est pas sans mettre les opérateurs mobiles dans un embarras total vis-à-vis des clients à qui ils sont parfois contraints de refuser le service sous peine de se voir flanquer une amende des plus salées.

Bien voyons où nous en sommes:
Plus d’attestations d’identité, plus de titre de séjour provisoire, plus de cartes consulaires (biométriques ou non), et cela quand on sait qu’un très grand nombre de nationaux ne disposent pas de carte d’identité pour des cas de pertes, de problèmes d’editions, etc.

L’opération doit durer 6 mois mais après 1 mois écoulé, les professionnels, et autres opérateurs se sente un peu comme mis au poteau. Et aussi “rois” que nous clients puissions être à ce moment là, indubitablement, nous aurons notre par de désagréments. Cela pourrait aller jusqu’à la privation de services à certaines personnes.

Sans toutefois paraître péssimiste, l’avenir présage de fortes turbulences pour les usagers des services de téléphonie mobile. Surtout avec les nouvelles dispositions qui rendent quasiment impossibles des opération telles que l’achat de puce pour une tierce personne. voyons ici ce qui est recevable dans ce cas:
-En cas d’incapacité motrice dûment justifiée par un certificat médical délivré par un médecin inscrit à l’Ordre des Médecins de Côte d’Ivoire, la souscription au service de Télécommunications/TIC peut être faite par un tiers disposant d’un mandat écrit légalisé ou établi par acte authentique pour le compte du mandant.
-Un mineur de moins de 16 ans ne peut s’abonner aux services de Télécommunications/TIC.
-Un membre de la famille du défunt doit effectuer la déclaration chez l’opérateur avec un certificat de décès
Personne morale, une copie certifiée du registre de commerce et du crédit mobilier ou du récépissé de déclaration

C’est dire que si ma “mémé” a du mal à se déplacer et qu’elle ne peut se rendre elle même en agence pour un achat de puce (coûtant entre 200FCFA et 500FCFA), il lui faudrait un certificat médical délivré par un médecin (coûtant aux dernières nouvelles au moins 25 000FCFA) et une procuration légalisé (au coût moyen de 500F, mis à part les frais de déplacement).
Sans compter le fait que les questions de la photo et de l’empreinte ne sont pas réglées et donc que le service pourrait lui être refusé…

C’est sûr que “l’emmergence”, la modernisation et la sécurisation de la société ivoirienne impliquent certaines dispositions qui démeurent difficilement discutables, mais vue la manière dont les choses tendent, n’est-ce pas le consommateur qu’on sacrifie encore une fois sur l’autel des exigences de ce types.
Nos offices d’identification et de délivrance de documents administratifs sont ils prêts à suivre la vague? Les faits sont là, implaquables, rien n’est commencé, rien n’est prêt et le compte à rebours s’acharne contre le consommateur.
Après le panier, voici que nos petits joujous de technologies se mêlent au concert de l’oppression.
Vivement que la société civile, à travers les associations de consommateurs et les décideurs discutent pour trouver un équilibre présentant moins de contrainte pour les consommateurs. Car sans risquer d’exagérer, cette vague sera encaissée de plein fouet par les telcos mais aussi et surtout par les potentiels utilisateurs souffrant déjà des lenteurs administratives.

Actuellement, la Côte d’Ivoire compte près de 30 millions d’utilisateurs des services de télécommunication, selon les chiffres de l’ARTCI. Un taux de pénétration des plus importants d’Afrique, qui si l’on y prend garde, pourrait malheureusement connaître un sérieux ralentissement.
Toutefois, nous tenons vivement à préciser que le but recherché dans le cadre de cette opération reste très louable, mais les pièces exigibles et autres conditions d’accès au services, semblent ne pas tenir compte des réalités. Notre inquiétude n’en sera que dissipée si les acteurs administratifs assurent la celerité de service dans l’établissement des documents biométriques exigés.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *