mardi, octobre 16, 2018
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Agir ou partager…mode ou addiction ?

La question est de plus en plus fréquente et écume les causeries au sujet des dangers sociaux liés à la nouvelle culture mobile. Il s’agit de la réaction des utilisateurs de smartphones, témoins d’un accident, d’une agression ou d’un évènement quelconque. La rédaction de babiphone.net, soucieuse de la formation et de l’éducation des utilisateurs de smartphones.


Il est environ 12 h, et le soleil est quasiment au zénith, comme pour respecter le rendez-vous quotidien, un rendez-vous que même la saison des pluies n’arrive pas à annuler. Du haut du balcon où je me suis installé pour savourer mon énième tasse de café de la journée, j’observe, étonné la scène. Et franchement, elle est triste, un conducteur de wôrô-wôrô se débattant contre un départ d’incendie dans son véhicule. Seul, il va et vient, à la recherche de sable, d’extincteur (il est vrai qu’il devrait en avoir dans le véhicule déjà, mais bon…). Ses clients du moment se sont déjà sauvés. Ça tombe bien, il est tout près d’une station, moins de 10 mètres. Ou peut-être est-ce son malheur ? En tout cas, il était toujours seul à s’occuper du véhicule. Toute la foule attroupée avait déjà trouvé une occupation : filmer la scène… Un incendie dans un véhicule, c’est trop le buzz !! Mais dans quel monde sommes-nous ? 
En fait, pas plus de trois (03) individus avait le téléphone à l’oreille, cherchant à joindre les pompiers (à les entendre). Ceci est un exemple de ce qui arrive tous les jours, en tous lieux. Nous en sommes tous réduits à chercher à faire le buzz, peu importe ce qu’il en coûte, peu importe ce qu’on exploite. Pourtant, les pères de la science avaient prévenu des dangers des technologies sur la socialisation de l’être humain. Pour les buzz seeker, tout est bon à se mettre sous l’objectif : accident, mort, funérailles, agressions, mésaventures d’un tiers, scènes obscènes, bagarres, etc.


Dans le principe, la publication en elle-même n’est pas le véritable problème, mais c’est bien l’ordre des choses entre le fait d’aider, d’assister autrui, l’acte d’altruisme et publication sur les réseaux, qui pose un problème d’ordre moral.
En occident, le problème a été pris à bras-le-corps par les gouvernants, et des campagnes se sont mis en place un peu partout en Europe. Ici, malheureusement, cela n’intéresse personne. Le sujet est sans intérêt pour des gouvernants qui, non-contents de leurs réputations sur les réseaux sociaux, cherchent plutôt à museler les populations locales avec des projets de lois, tous plus pitoyables les uns que les autres.


Toutefois, le travail de certaines plateformes sur les réseaux sociaux est à féliciter. Devant la démission des institutions compétentes (certainement occupées au championnat national de détournements et rackets), ces jeunes ivoiriens prennent leurs responsabilités et routent les alertes faites sur les réseaux sociaux vers les structures concernées. Essayant tant bien que mal de rattraper ces dérives qui tendent à rechercher le buzz coûte que coûte. Le plus intéressant, c’est que ça marche bien : police secoursodciucaevd, etc. Ces groupes d’intérêt public vont aujourd’hui jusqu’à contribuer à l’éducation au civisme et au secourisme de ses membres.


Finalement, notre conducteur de woro-woro, (nous le retrouvons.) tout dépité, regardant impuissant avec les yeux, et les autres avec l’incivisme des smartphones, le véhicule consumé dans les flammes. 

Est-il une plus grande leçon que de voir les flammes dévorer un objet du quotidien, en complicité avec le temps de la sorte ? Ce moment je l’ai vécu comme une alerte, et elle résonne encore: “où va l’humanité…munie de ces smartphones?”, “où allons-nous avec des téléphones et sans morale?”.

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